Compte rendu : Café-débat "Sécurité"

Pour une ville sereine et apaisée - Jeudi 14 février 2019

Sécurité : premiére des libertés au cœur de la cité

Au plan national : manque de moyens de la police et de la justice, politique sécuritaire centralisée et surtout répressive, politiques de prévention de la délinquance faibles et lien entre police et citoyens dégradé. Au plan local : insuffisance de la politique de la ville et éloignement de la police municipale des citoyens. Tout cela plaide pour l’accentuation de la présence de policiers sur le terrain et pour le retour à une véritable police de proximité, qui communique avec les citoyens, avec les jeunes, dont les agents sont connus, accessibles et formés en conséquence. Lors d’un récent café-débat, en écho aux interventions du sociologue Laurent Muchielli et aux interventions d’un public nombreux, Michaël Delafosse a mis en partage plusieurs orientations, telles que la  création de commissariats de proximité dans les quartiers, le renforcement de la présence humaine pour apaiser et prévenir, la clarification des missions de la police municipale dans le sens de la proximité.

Grande préoccupation des Montpelliérains, le problème de l'insécurité a été discuté lors d'un café-débat organisé par Destins Montpelliérains, au café de l'Esplanade, le 14 février dernier. 

Manque de moyens, prévention insuffisante

Après une brève présentation des travaux de la commission « sécurité » de l'association, Maxime Arnaud-Buchard, avocat et animateur du débat, a dressé un bref état des lieux des politiques sécuritaires de l'État (manque de moyens octroyés à la police et à la justice, politique sécuritaire centralisée et essentiellement répressive, faiblesse des politiques de prévention de la délinquance, lien dégradé entre la police et les citoyens) puis de Montpellier depuis 2014 (augmentation des effectifs et du parc de vidéosurveillance, création d'une permanence mobile, insuffisance de politique de la ville et de prévention de la délinquance, absence de communication auprès de la population par la police municipale, aucune consultation des citoyens par la police municipale,...).

 

Humaniser la relation police-population

Par la suite, les participants venus nombreux ont eu l'occasion d'exprimer leur ressenti et leur expérience, et d'avancer leurs propositions (des agents plutôt que des ralentisseurs pour assurer la sécurité des écoliers, un rapport de collaboration et de confiance avec la police, une meilleure accessibilité de celle-ci, une meilleure formation des policiers, plus d'apaisement dans les quartiers populaires entre la police et les jeunes,...).

 

Proximité et accessibilité

Leurs propos ont été commentés par le sociologue et écrivain Laurent Mucchielli, qui a par ailleurs livré son expertise et ses réflexions (la nécessaire proximité et accessibilité du policier, l'importance du renseignement dans la prévention de la délinquance, les raisons de l'inefficacité de la politique sécuritaire nationale consacrée au seul traitement des urgences sans vision globale de la délinquance, l'absence de rentabilité et d'efficacité de la vidéosurveillance,...).

 

Pistes de propositions

Michaël Delafosse s'est lui aussi exprimé pour critiquer les dysfonctionnements actuels puis livrer sa vision d'une politique sécuritaire municipale fondée sur la proximité et l'apaisement. Une vision traduite par plusieurs pistes de propositions, telles que :

  • la création de commissariats de proximités plutôt que de nouveaux investissements dans la vidéosurveillance.
  • le renforcement de la présence humaine dans le paysage urbain pour apaiser et prévenir la délinquance (police des transports et gardiens de parcs).
  • la clarification des missions de la police municipale auprès des citoyens.
  • la transformation de la police municipale en police de proximité.
  • une réflexion sur les équipements urbains propices à favoriser la sécurité des citoyens.